Les professeurs de philosophie contre la philosophie dépolitisée France Culture

Aux camarades professeurs en IDF qui tiennent encore

 

Les professeurs de philosophie contre la philosophie dépolitisée France Culture

 

  • Nous entrons dans une phase de recomposition de l’adversité politique en France. Une fois passée la phase de sidération, les citoyens français commencent à goûter la nature exacte de l’odieuse soupe managériale servie. Rendu légitime et indiscutable par une élection présidentielle biaisée, le projet du no alternative à la française n’avait désormais plus rien en face de lui. Il était pourtant essentiel de masquer la vacuité de ce projet de société, les dégâts colossaux qu’il produit sur le corps social, par un petit vernis insignifiant de culture. C’était, je n’y reviendrai pas, le montage bidon du « président philosophe » en stuc et en vaseline de com.

  • Ce mensonge, parmi tant d’autres, ne fut pas celui des professeurs de philosophie du secondaire – qu’il convient de saluer ici, grévistes ou non, ils soutiennent très majoritairement ce mouvement – ou du supérieur – qui n’a pas manqué ce mouvement social historique – mais d’une petite poignée de faiseurs culturels qui s’accommodent fort bien de la brutalité qui s’installe dans ce pays. Ils s’en accommodent d’autant mieux qu’ils n’ont pas à la subir, exerçant bien au chaud leur fonction de censure du dicible et de l’indicible, l’essentiel de cette cuistrerie étant de passer un « bon moment » à l’abri du pouvoir. Ces pseudo philosophes sont aujourd’hui nos ennemis intellectuels. Par leur silence, ils couvrent des agissements qui ne dérangent pas leur commerce, ce qui est l’essentiel pour eux. Ces faux nez de la philosophie, ces nouveaux sophistes du temps, sont des lâches et des salauds.

  • Des lâches car ils savent très bien où se trouve le pouvoir et quelles sont les conditions sine qua non  de leurs beaux discours feutrés. Alors que de nombreux camarades de lutte  – car il s’agit bien d’une lutte – entamaient un bras de fer politique, donc sérieux, avec le ministère afin de faire entendre leur critique du plan social en cours dans l’éducation nationale au détriment de l’intérêt réel de l’élève, l’une d’entre uns se permettait d’envoyer ce message en toute innocence : « Mes conseils de lecture pour cet été, c’est ici :  » Un message qui ressemble à s’y méprendre au « Rien » de Louis XVI. Incapables de réfléchir politiquement à la situation de leurs discours, ces animateurs à œillères participent de l’enfumage ambiant. Ce sont les nouveaux thanatopracteurs de la pensée critique et politique, en place pour feindre ce qu’ils sont incapables d’assumer en propre.

  •  Des salauds ensuite car l’épaisseur de leur mauvaise foi est multicouche. Ils prétendent même défendre le pluralisme. Ce qui est exact à condition d’exclure toutes les questions, aujourd’hui essentielles, sur les effets politiques de leur discours de dépolitisation. Ce sont les bonbons roses du marché, les petites sucreries spirituelles qui oublient de penser l’essentiel : la contribution de leur posture à ce qu’ils se targuent de dénoncer vaguement quand la brutalité est un tantinet trop piquante pour leurs fins palais. Il est évident que leur ruse, doublée, il faut le dire, d’une certaine impuissance, n’est pas simple à démasquer pour un public de demi-habiles qui consomme de la culture comme on fait une thalasso ou un bain de pieds. Qu’un nombre considérable de professeurs de philosophie du secondaire entrent en grève reconductible de la sorte ne semble pas faire problème pour eux. Leur servilité de marchand de soupe, morale ou orgasmique en fonction de la saison et de la taille du slip, n’est pas forcément compatible avec les courbettes qu’ils doivent aux marquis de l’entre-soi.

  • Il n’est que temps d’être clair : quel sort sera réservé à l’enseignement de la philosophie devant des publics de plus en plus politisés par les urgences qu’ils vivent. Je ne parle pas ici de programmes. Le vrai programme qui nous est servi, c’est celui de l’article 1 de « La loi de confiance ». La phrase de Jean Zay nous revient aux oreilles : la politique doit rester à l’extérieur de la classe. Ce qui est juste quand celle-ci se trouve justement à l’extérieur de la classe, qu’il y a dehors une conflictualité politique réelle aujourd’hui fondamentalement niée et méprisée. Mais que se passe-t-il lorsque la classe de philosophie révèle des problèmes politiques qui ne sont plus posés dehors, qu’elle reste l’unique espace pour penser le conflictuel ? Tout cela est très problématique en effet. Nombreux sont les collègues de philosophie à observer cet étrange phénomène. Cette situation n’est pas insoluble mais elle réclame que l’institution fasse confiance à la probité des professeurs, à leur capacité de discernement ce que la loi de confiance vient saper. Enoncer la confiance, c’est déjà se défier. L’intérêt pour la chose publique domine, ce qui n’exclut pas la critique et la critique de la critique. Peut-être est-ce justement cette critique qui fait problème. Il me semblait pourtant qu’un esprit capable de critiquer le monde dans lequel il vit, d’articuler cette critique, est moins enclin à la violence qu’un autre. En voulant à tout pris dresser un corps d’enseignants dociles et aux ordres, le ministère public produit massivement des individus qui feront de l’indocilité anti étatique leur viatique et c’est un très mauvais calcul pour la République. Vraiment.

  • Dans un renversement en tous points sidérants, la philosophie culturelle est en passe de devenir l’opium du peuple, un enfumage inodore, incolore et sans saveur qui ne pose aucun problème pour les poser tous. Cette offre culturelle doit être comprise comme une fonction de dressage à l’usage des classes moyennes qui se piquent d’en être, une culture de distinction. Il est en ce sens essentiel que les professeurs de philosophie prennent conscience de la nature de l’adversité qu’ils trouvent en face : des faux amis qui sont de vrais ennemis. C’est aussi contre eux qu’il sont devenus une force politique à construire désormais.

 

 

 

Une grève contre les destructeurs de la valeur

Une grève contre les destructeurs de la valeur

Fin de la grève, à Bordeaux, 9h, rectorat.

 

  • Fin de la grève, Rectorat de Bordeaux, 9h, remise des copies, trois jours de retenue de salaire – ce qui est normal et juste.

 

  • Ce qui l’est moins par contre, c’est le tombereau de saloperies et d’infamies déversées à jets continus par une clique de causeurs surpayés et indigents intellectuellement, des censeurs de petites vertus que j’accuse PUBLIQUEMENT et OUVERTEMENT  de soutenir un gouvernement qui vient d’enterrer, avec les grands cris d’une opinion encore trop enténébrée, le diplôme national du baccalauréat en France. Cette clique n’a pas de quoi s’étonner des barbouzeries administratives étant donné qu’elle conforte  son pouvoir de nuisance sur les mêmes principes ou peu s’en faut.

  • Ce qu’il fallait bien comprendre dans cette affaire de prise d’otage un peu rocambolesque, il faut le dire, c’est que les professeurs accordaient au fond une plus grande valeur à l’otage que le ministère. Peut-être pensions-nous naïvement qu’il était impossible de siéger sans copies ? Que nenni les amis. L’enjeu est ailleurs et il est autrement plus profond. Il pose le problème de la valeur.

 

  • Pour moi, voir Platon en face de Beigbeder dans un livre Humanité, littérature, philosophie, dans un enseignement loufoque,  CHOISI SANS CONSULTATION REELLE DU CORPS PROFESSORAL CONCERNE, qui nous impose la bivalence, en remplacement de la SERIE LITERAIRE, fondamentale pour la philosophie,  et tout cela en douce avec la complicité des éditeurs et de quelques professionnels de la communication, cela justifie un motif à lui seul suffisant pour faire trois jour de grève dure en période d’examen. Cette question rejoint les demandes démocratiques du RIC portées par les gilets jaunes et des milliers de citoyens durement réprimés, violentés et méprisés par le pouvoir d’Etat pendant des mois. C’est une négation des principes démocratiques, un mépris des citoyens, au profit d’une administration violente et managériale, pleine de morgue. NOUS NE VOULONS PAS DE CELA DANS LA REPUBLIQUE FRANCAISE.

 

  • Sadisme, perversité, zadification,  désobéissance ? Non, grève au motif d’une destruction de mon instrument de travail sans consultation. Cela s’appelle la cohérence politique. Cette destruction là, la destruction de la valeur, qui s’en émeut ? Destruction de la valeur quand une poignée de cuistres a osé faire de Macron un « philosophe ». Destruction de la valeur quand Jean-Christophe Lagarde de l’UDI demande la radiation de professeurs de philosophie en grève. Destruction de la valeur quand on remplace des notes de philosophie par d’autres pour ne pas perdre la face symboliquement en toute hâte. Destruction de la valeur enfin quand l’on prend les citoyens pour des enfants. Nous demandions un dialogue, nous n’avons rien eu. Par contre, toujours plus de destruction de la valeur. Le service public en est une.

  • Nous devons par conséquent, pour lutter contre ces nihilistes de supermarchés, reconstruire de la valeur et pour cela, nous devons mettre un peu de notre peau sur le tapis. C’est imparable, nous devons payer de nous-mêmes pour reconstruire de la valeur. Pour l’heure ce sera trois jours de grève. Eric Brunet ? Destruction de la valeur esprit. Ruth Elkrief ? Destruction de la valeur probité. Accuser des professeurs en grève de saborder le baccalauréat alors qu’ils le défendent contre des destructeurs qui justifient la barbouzerie administrative. Bandes de comiques !

  • Oui, tout cela est risible et nous nous sommes payés le droit de rire de vous, nihilistes résignés. Nous allons reconstruire de la valeur, pierre par pierre dans votre infâme bouillie macronisée. Nous allons venir vous chercher chez vous, comme chantaient les gilets jaunes, souvenez-vous, mais mesurez bien la valeur de ce « vous ». Nous allons démasquer vos ruses qui détruisent de la valeur, vos arnaques qui enfument l’auditoire, vos logiques dégueulasses qui préfèrent au fond des pets de bouche au travail d’instruction. Oui, misérables cruches serviles, nous sommes vos ennemis et vous l’avez parfaitement compris. Nous nous connaissons bien. A partir de demain, vous aurez en face de vous un COLLECTIF qui va défendre des valeurs contre vos logiques de pourrissement et de destruction, ces anti-valeurs qui vous vont si bien, misérables traitres.

L’heure du choix – Grève du 4 juillet 2019

L’heure du choix –

Grève du 4 juillet 2019

 

  • Aujourd’hui, 4 juillet 2019, jour des délibérations des jury du baccalauréat, correcteur d’un lot de copies corrigées (j’ai d’ailleurs mis un 20/20 pour la première fois de ma carrière) je suis en grève reconductible pour le troisième jour consécutif. C’est la première fois de ma vie. C’est une décision grave que j’ai prise en toute conscience dans une AG exceptionnelle qui s’est tenue hier à la Bourse du travail à Bordeaux avec mes autres collègues (de philosophie, en majorité, mais pas seulement). Dans cette académie, nous sommes 27 correcteurs à nous être déclarés en grève lors de cette AG. Il est possible que d’autres correcteurs soient grévistes dans l’académie ce matin sans qu’ils aient pu être présents et comptés à l’AG exceptionnelle d’hier soir à la Bourse du travail

 

  • Depuis hier, dans une rhétorique obscène et délirante, un travail de sape est entrepris par certains faiseurs d’opinion. Nous les connaissons très bien : « intérêt de l’élève », « prise en otage », « sadisme » etc. Ces différents cacatoès dont le grand public connait la variété sans toujours mesurer les dégâts occasionnés par leurs discours, ne s’adressent pas à une opinion éclairée ou plutôt ils ont pour fonction d’enténébrer une opinion qui pourrait être attentive à d’autres discours. Il m’est impossible de répondre  ici dans le détail, ce n’est pas le moment. Nous le ferons le temps venu.

 

  • La représentation médiatique de ce qu’est réellement le service public, la mise en cause systématique de ses agents, les doutes constants qui planent sur eux, m’a décidé, avec d’autres, à aller au bout de cette grève en toute conscience. Je ne parle pas ici des professeurs, lycée, collège, primaire mais de l’ensemble de la fonction publique qui est attaquée comme jamais sous la Vème République dans un traitement malsain de l’information. Ce sont là des problèmes très complexes, fondamentaux pour l’avenir de la République française mais écrasés par des discours qui empêchent toute autre alternative que la marche forcée que nous subissons au quotidien ? Vers quoi d’ailleurs ? Une plus grande qualité du service public ? Certainement pas. Dans l’éducation nationale, mon domaine, un véritable plan social est à l’œuvre. Il va profondément affecter la qualité du service devant les élèves, les principaux intéressés et cela sans réelles concertations.

 

  • Alors pourquoi la grève dure. Parce qu’il est impossible de se faire entendre autrement. Nos revendications sont fondées et légitimes. Je suis fonctionnaire de l’Etat français, il est 6h04 et dans 2h je dois être dans mon jury. Je n’ai jamais manqué à un tel devoir, mon devoir. Dans l’année nous formons les élèves, les accompagnons, jusqu’à l’obtention du diplôme et ce qui se passe aujourd’hui me fait mal au cœur, nous fait mal au cœur mais il faut le faire pour nos élèves. Nous nous le devons. De très nombreux agents de la fonction publique ont fait grève cette année. Pour quels résultats ? Pour quelle écoute ? Dans quel climat répressif ? Pour quelles négociations, avec les syndicats, avec les collectifs d’usagers du service public ? Maintenant, ça suffit.

 

  • Nous sommes déterminés et ce n’est pas les menaces délirantes, les admonestations ridicules des grandes gueules de rien du tout qui nous feront taire. Ce gouvernement, légitime par les urnes, est allé trop loin dans le déni de légitimité qu’il doit aussi à ses fonctionnaires. Le service public doit être défendu contre les margoulins, les aventuriers de la disruption sans tête et les communicants de rien. Dans quelques semaines la loi de confiance pour l’école menacera ma parole, notre parole, menaçant en retour les usagers du service public que nous sommes tous. Il n’était que temps que nous la libérions en partant d’un acte symbolique mais très fort. Nous savons que des collectifs de parents se sont formés, des élèves en nombre nous soutiennent. C’est aussi cela le jeu de la démocratie Monsieur Jean-Michel Blanquer.

……….

Le paradoxe, c’est que les professeurs en grève aujourd’hui défendent ce qu’on leur reproche d’empêcher et qui, sous sa forme actuelle, disparaîtra.

 

Lettre ouverte à Jean-Michel Blanquer

Lettre ouverte à Jean-Michel Blanquer d’un professeur de philosophie en grève

 

  • Les professeurs du secondaire actuellement en grève réclament depuis des mois une attention qui devrait leur être due. En terme de confort, à la fois moral et financier, il est autrement plus simple de ne rien faire, de ne rien dire. En 2017, je commençais Le néant et le politique, Critique de l’avènement Macron par ce sentiment, « l’angoisse devant la disparition du politique ». Cette angoisse ce matin est concrètement présente pour de très nombreux collègues, stupéfaits de constater que la seule réponse du politique à leurs justes revendications est la menace disciplinaire.

 

  • Qu’est-ce qui peut pousser au fond un enseignant responsable ayant achevé la correction de ses copies dans les temps, ce qui est évidemment mon cas, le nôtre, concerné par la réussite de ses élèves, ayant fait du soutien aux élèves les plus en difficulté tout au long de l’année pour qu’ils aient leur diplôme, à se mettre en grève ? Dans une académie, les correcteurs qui se réunissent en commission d’entente et d’harmonisation ont la charge des copies de leurs collègues. Ils sont donc mutuellement liés  par une responsabilité collective. C’est d’ailleurs à cela que servent a priori ces commissions. Ils échangent à ce propos sur les sujets.

 

  • Cette année par exemple, les professeurs de philosophie ont collégialement reconnu que le texte de Leibniz donné aux élèves était trop difficile en série économique. Ont-ils pour autant les moyens de faire remonter ce constat, de faire état de leur expérience de correcteur ? Non. Tout vient d’en haut dans une forme d’opacité qui rend au fond impossible les retours d’expérience. Suis-je comptable devant l’article 1er de « la loi de confiance » lorsque je constate, avec un très grand nombre de mes collègues, que l’exercice pour évaluer la nouvelle spécialité HLP  est particulièrement confus et qu’il mettra demain les élèves dans de très grandes difficultés ? Suis-je un professeur irresponsable quand je m’interroge sur le sens d’une évaluation de deux heures pour une spécialité qui mêle la littérature et la philosophie ? Suis-je un séditieux lorsque je me m’interroge sur la précipitation hystérique qui nous empêche d’être consultés sérieusement et sereinement sur l’élaboration d’un programme qui vaudra pendant quinze ans ? Suis-je un mauvais fonctionnaire lorsque j’affirme que la mise en concurrence des enseignements de spécialité conduira inéluctablement à des pratiques démagogiques et à un mensonge sur le niveau réel des élèves afin de préserver des heures de cours ? Des questions de ce type, nous en avons des dizaines. Il nous est impossible aujourd’hui de les poser sereinement et publiquement.

 

  • Le problème, c’est qu’en l’état, aucune discussion sérieuse n’a été ouverte pour répondre à ces interrogations. Consultés sur un programme de spécialité, nous apprenions dans un même temps que les manuels étaient déjà sous presse. Comment voulez-vous que les professeurs ne se sentent pas dévalorisés et méprisés lorsqu’on les consulte formellement sur des questions aussi fondamentales que l’application des programmes sans tenir compte de leur avis ? Il existe aujourd’hui en France un décalage catastrophique entre les prises de décisions verticales et les agents de la fonction publique. Alors qu’Emmanuel Macron avait fait du pragmatisme un de ses arguments de campagne, nous assistons à une surenchère de bureaucratisation et de verticalité sur fond d’autoritarisme. Est-ce cela le macronisme ? Un dirigisme à pas forcés ? Une incapacité idéologique d’établir un lien de confiance entre le pouvoir politique et les citoyens français ? Une défiance perpétuelle ?

 

  • Quand il est impossible de s’entendre entre gens raisonnables, tout se joue paraît-il sur le terrain de l’opinion. Ce qu’on appelle aujourd’hui la guerre de la communication, dans un lexique aussi violent que stupide. Est-ce cela que nous voulons pour l’Ecole, une guerre de tranchées avec pour juge de paix l’opinion ? Chaque année, les professeurs de philosophie mettent en garde leurs élèves sur les dangers de l’opinion justement ? Peut-on, en même temps monsieur le ministre, faire ce travail de salut public (faire en sorte que les élèves aiguisent leur sens critique) et accepter que l’opinion et la rumeur soient les seuls juges sur des questions aussi fondamentales. Quand je lis sur des réseaux sociaux qu’ils faut « mâter » les professeurs, les « mettre au pas », les « punir » je m’interroge sur l’avenir de notre démocratie. On ne peut pas d’un côté faire la leçon au peuple quand il vote mal et flatter des opinions aussi haineuses envers ceux qui ont la charge de l’éduquer.

 

  • Il est vrai que ce mouvement est minoritaire mais qu’est-ce que cela preuve monsieur le ministre ? Qu’il est difficile d’agir peut-être quand on sait le soutien que nous recevons de la part de nos collègues qui ne sont pas grévistes. Que la minorité a tort de faire entendre sa voix ? Que la qualité de nos raisons se mesure quantitativement, avec des pourcentages sur les chaînes d’information en continu ? Qu’il faut vouer l’école aux insultes démagogiques de certains chroniqueurs qui redoublent d’obscénité pour vendre ? C’est cela le projet ? Que les professeurs soucieux et inquiets doivent être humiliés pour que le pouvoir ne perde pas la face ? Laquelle d’ailleurs ? Est-ce de cela dont il s’agit ? Ce que nous sommes nombreux à demander, c’est un moratoire. L’argument qui consiste à mettre systématiquement en avant la question des statuts nous a fait oublier une chose  : on ne peut pas faire de l’école une dépendance du marché concurrentiel sans en payer le prix et il sera élevé.

 

  • Il y a de cela quelques jours, je recevais un courriel d’un élève d’une de mes classes. En voici un extrait, je ne corrige ni le style ni la forme.

« J’aimerais exprimé mon REMERCIEMENT de nous avoir nous , élèves de Terminale 05ES , proposés des cours intéressants, agréables , avec une grande importance donnée à nos avis et nos pensées. Tout ceci est complété par  l’empathie que vous avez fait ressentir à tout les élèves selon moi, y compris même les « je m’en foutiste »  de la philosophie , car vous avez été un professeur proche de ses élèves et dont la réussite de vos p’tits fut primordiale pour votre part. 
Je repense au tutorat proposé au début d’année , parfois regretté pour ma part , par exemple. 
Vous m’avez permis pour ma part, d’engendrer une plus vaste culture, sachant que je m’intéressais déjà à pas mal de choses. Mais aussi un bien-être, un intérêt pour LA matière pas très appréciée de nombreux jeunes de terminale »

  • Cette lettre touchante, sensible, est la raison de mon métier et de mon attachement à la fonction que j’exerce avec passion depuis 20 ans. Nous en recevons tous dans une carrière. Oui, vous avez le pouvoir disciplinaire dans les limites d’un Etat de droit mais que vaut ce pouvoir en face des millions de Selmi, c’est son prénom, que nous avons la charge d’instruire. En nous coupant la tête, en décourageant des vocations, en nous bâillonnant, c’est eux que vous condamnez aussi. Monsieur le ministre, on ne peut pas mettre la République en marche en détruisant le lien de confiance qui la lie à son école.

L’intérêt de l’élève : le piège à cons du marché sans tête

L’intérêt de l’élève : le piège à cons du marché sans tête

 

  • Parmi le florilège de formules creuses que l’on peut lire sur les différents supports de la mise en réseau de l’opinion moyenne, celle-ci tient la corde : les correcteurs qui s’apprêtent à se mettre en grève le 2 juillet mèneraient là une action contraire à l’intérêt des élèves. Mais qu’est-ce que l’intérêt de l’élève ? S’élever peut-être, autrement dit sortir de l’école républicaine plus haut qu’il n’y est entré. Cet objectif étant fixé, il devrait exister une priorité entre : 1) avoir ses résultats de baccalauréat avec un jour de retard et 2) avoir un niveau d’instruction élevé. On mesure certainement le degré de dégénérescence des différents « acteurs scolaires » (on joue) à ce nouveau classement des priorités. Le vrai scandale est de ne pas avoir le bac à l’heure, ce qu’il y a dedans importe peu. Le psycho drame faux-cul qui consiste à pleurnicher pour un retard de publication des résultats masque aujourd’hui cette triste réalité : tout sera fait demain pour que l’élève s’élève de moins en moins dans l’école publique. Pourquoi diable devrait-il s’élever ? Vers quoi ? Son job ? Sa capacité à faire le clown à l’oral en fin d’année pour parfaire ses capacités à se vendre ?

 

  • L’intérêt de l’élève, c’est aujourd’hui l’intérêt du marché, non pas une relation à son être, inter-esse. Qui se préoccupe de son intérêt en ce sens quand il participe à des cours de langue à 36 ? Quand des salles de classe prévues pour 35 accueillent 36 élèves ? De sa santé mentale quand on lui demandera demain de rédiger, en première, une « interprétation philosophique » (dixit) d’un texte de Montaigne en une heure après six mois de cours ? Qu’on lui mentira par démagogie sur son niveau réel pour préserver des heures d’enseignements menacées par la concurrence des disciplines ? De sa dignité quand on offre à son écoute des individus à peine plus savants que lui ? De son esprit critique quand son avenir est craché par des algorithmes ? Cette farce sordide, reprise en chœur par les non pensants de la bouillie médiatique aux ordres, des idiots utiles qui flattent pour soumettre, des crétins qui se prennent pour des éducateurs, est à l’image de la médiocrité de nos valeurs dans des temps médiocres : un mantra  creux.

 

  • Le premier intérêt de l’élève, est-il besoin de le rappeler, pour pouvoir s’élever justement, avec ordre et discipline, deux valeurs sans lesquelles tout retombe au sol, est d’avoir en face de lui des professeurs compétents, formés, dépositaires d’un savoir. Si le savoir ne suffit pas, si le désir de transmettre est une qualité essentielle du métier, il est impossible de faire cours sans. C’est cela le premier respect que l’on doit à l’élève : lui délivrer un cours sérieux dans des conditions qui le permettent. Ces conditions sont institutionnelles. Un professeur aura beau démultiplier les stratégies pour maintenir éveillée l’attention de ses élèves si le cadre institutionnel dans lequel il exerce son métier lui savonne la planche, il échouera.

 

  • La réforme Blanquer, pour des raisons économiques, est un plan social maquillé avec cette formule creuse : l’intérêt de l’élève. Cela fonctionne d’autant mieux que la notion d’intérêt, du consommateur avant tout, tient lieu aujourd’hui de pierre philosophale, il est le super mot d’ordre du marché sans tête : où est ton intérêt cher élève ? Mais lequel ? Celui de s’élever réellement ou de chanter la carmagnole à l’heure dite avec un diplôme en carton pâte sans les formations complémentaires couteuses et le petit réseautage maison ? Ici, vous n’entendrez plus personne, les rats quittent le navire, les professeurs d’art de la parlotte tombent dans un étonnant mutisme et vous envoient les CRS avec l’aval d’une opinion bêlante qui ne se comprend pas – elle en est d’ailleurs structurellement incapable. C’est aussi pour cela que la dimension critique de l’enseignement de la philosophie a son mot à dire. L’intérêt de l’élève, c’est la moraline du marché, rien de plus. Certains professeurs, dépressifs de longue date, ânonnent : c’est l’intérêt de l’élève, l’intérêt de l’élève… A partir d’un certain degré d’impuissance et de renoncement, la folie fait droit.

Collectif Aquitaine Philosophie

Collectif aquitaine philosophie

  • Le Collectif insiste sur l’importance de la réunion du mardi 3 juillet à 18h à la Bourse du travail (certains seront peut-être venus au café philosophique à la petite librairie à 14h).
  • Les collègues présents à cette réunion, correcteurs du bac pour une majorité d’entre eux, dans différentes disciplines, seront à cette heure du jour en grève. Il sera question de la suite à donner au mouvement et d’un premier bilan en lien très étroit, heure par heure, avec les autres académies. Les réactions du ministère seront elles aussi déterminantes.
  • Il est évident que cette réunion aura aussi, pour notre discipline, une vertu fondatrice. Nous nous devons désormais, face aux menaces réelles qui pèsent sur notre enseignement et sur notre santé mentale, de construire une force qui aura une visibilité dans l’espace public.
  • Trop longtemps dépolitisés, nous redécouvrons brutalement cette évidence : nous enseignons dans la cité et pas dans un désert solipsistique avec le ciel étoilé au-dessus de nos têtes. Aujourd’hui, notre place n’est plus acquise, elle est disputée, elle le sera encore plus demain. Certains affirment même, haut et fort, que la philosophie est aujourd’hui partout, sur You Tube, dans les podcasts de France culture, dans les séminaires d’entreprise, partout, sauf dans nos salles de cours. Nous devons aussi nous situer sérieusement et collectivement face à cette menace mortelle. C’est le discours dominant. Si c’est bien le cas, si tout est dans tout, alors que nous reste-il ? Qui devenons-nous exactement ? Et qu’avons nous à répondre à ceux qui nous feront faire demain n’importe quoi ?
  • D’aucuns parlent de corporatisme. Cela n’a strictement aucun sens. Si corporatisme il peut y avoir, il faudrait plutôt le chercher dans la défense sans nuance des statuts plutôt que dans celle des disciplines. Nous avons trop vite oublié que les statuts furent constituées historiquement dans la République française pour protéger les contenus disciplinaires de la pression politique, de la valse des ministères. Ils étaient un moyen au service d’une cause non pas une fin en soi. Pour cette raison, il est essentiel de partir de notre corps de métier, non pas pour le défendre aveuglement mais pour fonder en idées  l’importance de nos statuts. C’est à partir de cette réflexion située que nous devenons crédibles pour l’opinion, cette reine du monde, crédible pour penser la réforme « accélérée » de la fonction publique.
  • Si la fonction du professeur de philosophie est d’enseigner l’art de l’éloquence pour l’exemple, il peut être remplacé sans mal par un professeur « d’art oratoire » (Cyril Delhay, responsable du rapport fumeux et hautement grotesque sur le grand oral et multi-casquettes). Pour quelle raison devrait-il alors conserver un statut quand le second se déplace dans un champ de concurrence ouvert ? Cette question fondamentale doit être posée et elle n’est pas corporatiste au mauvais sens du terme. Elle interroge, pour nous défendre des attaques brutales qui nous frappent aujourd’hui, la nature de notre métier, sa spécificité.
  • Bien  sûr, cette réflexion paraîtra peut-être dilatoire pour les révolutionnaires théoriques qui veulent tout et tout de suite. Vouloir tout et tout de suite, mélanger tout et n’importe quoi, c’est à la fin ne rien vouloir du tout et préserver sa belle âme en se souvenant des héroïsmes passés. Le bon vieux temps de la vraie lutte. Voilà le ridicule. La radicalité et l’exigence sont, aux antipodes de ces postures convenues, d’une autre nature.
  •  Certains collègues ne feront pas grève mardi mais réaliseront peut-être l’année prochaine que les bougonnements de vestibules ne sont pas la panacée, d’autres seront en grève mercredi, d’autres encore arriveront avec les copies sous le bras au centre d’examen jeudi, d’autres enfin seront en grève le 4 juillet. Tout est possible mais tous auront corrigé le baccalauréat consciencieusement. Mais une chose est sûre, seule la politique de la nuance et des petits pas, déterminée et confiante dans sa force et dans sa probité, pèsera demain sur les décisions publiques. Tout cela se construit et nous sommes enfin en train de le faire avec sérieux et un sens collectif des responsabilités qui dégonflera demain les menaces de ceux qui se dédouanent des leurs.
Collectif Aquitaine Philosophie

Un collègue professeur de philosophie, le 29 juin 2019

Message envoyé par un professeur de philosophie, le 29 juin 2019

 

  • « A une majorité, nous avons pris la décision de faire grève le jour de la remise des notes. Cette action est purement symbolique puisque les délibérations se dérouleront comme prévu ou avec un jour de retard. Mais l’essentiel est de frapper les esprits quand on ne peut frapper rien d’autre. Notre métier est en train de changer dans des proportions vertigineuses : flicage, tâches administratives, contenus d’enseignement  pitoyables, autorité et liberté pédagogique bafouées, choix du profil d’enseignement par le chef d’établissement (place au copinage, au népotisme et au clientélisme), recrutement par contrat d’étudiants sous formés et corvéables, classes surchargées et indifférenciées et j’en passe. C’est l’effondrement de l’école de la République, méritocratique, exigeante et égalitaire. C’est l’intrusion brutale des méthodes de management néo-libérales dans une machine bureaucratique qui, historiquement et culturellement, voue une méfiance crasse à l’égard de toute expression de singularité et d’originalité en son sein. Les têtes creuses du formalisme pédagogique et du flicage administratif ont gagné la bataille. Nous voilà déconsidérés et marginalisés au sein même de l’institution que l’on sert et que l’on fait perdurer dans le même temps. »

J’ajoute que nous y perdrons tous, y compris les malins qui devront vivre dans une société où la bêtise collective nuira aussi à la jouissance stérile de leur indifférence individuelle.

 

 

Défense de l’Etat français contre ses faussaires

Défense de l’Etat français contre ses faussaires

Gaston Bachelard, un philosophe

  • Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Ce qui se joue pour l’avenir de l’enseignement de la philosophie dans les jours à venir, à la pointe de la contestation des réformes Blanquer, est décisif pour l’avenir de cette discipline dans le secondaire. Mais derrière cette discipline, qui ne donne aucun privilège mais qui peut donner à l’esprit les moyens de les penser tous, ne nous trompons pas d’objet : c’est d’une conception de l’homme dont il est réellement question. C’est cela que nous allons chercher à faire valoir dans l’académie de Bordeaux ce matin en commission d’harmonisation. Harmoniser quoi d’ailleurs ? Des moyennes, des médianes, des petits bâtonnets ? Quand les professeurs trichent, inventent vaguement une moyenne pour se conformer, sans aucune conviction, aux attentes du ministère dans un mensonge éhonté, qui sont les faussaires ? Il a été demandé, sous couvert d’exemplarité, de ne pas délivrer des 20/20 cette année mais ce mensonge là, qui en parle ? Le mensonge qui consiste à créer une réussite sans réalité, des succès sans contenus, un saupoudrage culturel dans ce qu’il faudra désormais renommer le ministère de l’animation nationale. Que doit-on penser quand une inspectrice de lettre demande aux enseignants dans une formation d’être « férocement bienveillants » et d’être « sexy » pour faire « vivre un enseignement de spécialité menacé par la concurrence des autres spécialités » (et elle a raison sur ce point) quand une collègue de philosophie, sérieuse, nous explique en formation qu’il faudra faire des ateliers en fin d’année pour tenir les élèves qui abandonneront cette fameuse spécialité de rien du tout (et elle a raison aussi).

 

  • C’est d’ailleurs ici que le sort de la philosophie est sans égal avec celui des autres disciplines. Pour preuve, il n’y a pas de « spécialité philosophie » dans la réforme Blanquer car cet enseignement est d’une autre nature. Bachelard a mille fois raison : « la philosophie ça sert à penser, alors si vous voulez vous priver de pensées originales, vous pouvez vous passer de philosophie ». (INA) Tout est dit, en deux phrases. A côté de cette vérité là, l’ignoble baratin communicant des hommes de paille du grand marché éducatif, cette pompe à merde et à fric, peuvent aller se faire foutre. Qu’ils nous marchent dessus honnêtement, martialement, avec la franchise au combat de celui qui veut notre mort. Voilà ce qui serait, au moins, honnête. Qu’ils arrêtent de nous vendre leur soupe infecte, leur démagogie de bazar, sexy, bienveillante, pour les élèves alors que les élèves et leurs fameux « intérêts » sont les premiers, et ils le savent en remplissant parcours sup chaque année, à être pris pour des imbéciles par un Etat de moins en moins soucieux de ce qu’ils vivent dans la cité. La preuve, il leur tire dessus.

 

  • Soyons clairs : plus de République, plus de philosophie. Les deux se tiennent. L’une ne peut pas vivre sans l’autre. L’une mourra avec l’autre. Rien de corporatiste dans tout ceci, Bachelard était aussi et surtout un grand épistémologue, un homme probe, un esprit puissant pas une girouette « philosophe écrivain » adoubée par des lâches et des cuistres, par les faussaires qui font aujourd’hui, en France, le beau temps et le beau temps de cette culture inoffensive supposée éduquer. Ce que je dis là depuis la philosophie vaut bien sûr au-delà d’elle-même. En détruisant la logique des disciplines, c’est-à-dire la formation de l’esprit dans toutes ses dimensions, l’Etat prépare les conditions d’une citoyenneté au rabais et c’est justement cela que veulent les petits hommes de paille du grand marché sans tête, un citoyen unijambiste, cul de jatte, éborgné, aveugle, des moignons d’homme, des bouts de ficelle d’humanité. C’est contre cela que nous allons nous battre, certainement pas contre l’Etat (laissons cela aux crétineries libertaires à la Onfray ami des marchants de papier et aux libertaires anti-Etat en carton pâte qui n’ont toujours rien compris) mais depuis l’Etat, à l’intérieur de l’Etat, dans l’Etat républicain, pour la République.

 

  • Alors oui mes amis, le propos est emphatique pour les nihilistes malins qui ne croient plus à rien et encore moins à eux-mêmes, pour les marchands de niaiseries pédagogiques sexy et bienveillantes, je vous l’accorde, il pose un ordre de valeur et une hiérarchie. Il est raide. Il désigne des adversaires idéologiques, il est essentiellement politique. C’est cela que je sentais encore confusément en 2017. C’est cela qu’il faut clarifier aujourd’hui. Ce mouvement de révolte des professeurs de philosophie n’est pas une défense de La philosophie (propos ridicule) mais une défense des conditions républicaines de la formation d’un homme qui pourra comprendre encore demain ce que le mot « politique » signifie et avec lui le mot « liberté ».

 

  • Nous avons les raisons, ils ont les armes ; nous avons les idées, ils nous répondent avec un clin d’œil et des pets de bouche. Je suis fonctionnaire de l’Etat français, je suis chargé d’une mission éducative, une très vieille mission à laquelle le philosophe Platon (aujourd’hui placé à côté du pubard Beigbeder –  ce salaud sartrien qui pose avec un livre de Baudrillard un an après la mort du sociologue critique dans une publicité pour les Galeries Lafayette – dans les manuels relativistes HLP) a consacré ses plus puissantes pensées. Aujourd’hui l’Etat  français, dévoyé par des faussaires qui se servent de la force publique au lieu de la servir, est en train de nous rendre cette mission impossible, de conspirer contre lui-même. Mardi, certains professeurs de philosophie, seront grévistes pour une cause qui les dépasse tous. Que ceux qui pensent le contraire retourne à l’école. Nous nous y sommes.

 

Ossature intellectuelle à l’adresse des professeurs de philosophie et des curieux pour que le cours « Humanités, Littérature et Philosophie » ne se transforme pas en bouillie, ce qui sera évidemment le cas sans un réel travail critique.

Ossature intellectuelle à l’adresse des professeurs de philosophie et des curieux pour que le cours « Humanités, Littérature et Philosophie » ne se transforme pas en bouillie, ce qui sera évidemment le cas sans un réel travail critique.

(Rentrée 2019, première partie)

Cours HLP (première partie)